Chaque métier a ses outils et on en apprend beaucoup sur un artisanat en regardant l'établi de celui qui le pratique. Ceux de l'abat-jour sont presque tous simples et familiers, empruntés à la couture, au dessin ou au bricolage. C'est leur usage, bien plus que leur nature, qui fait le métier. Petite visite guidée de mon atelier, outil par outil.
Mesurer et tracer
Tout commence par la mesure et le tracé et rien n'est plus important en abat-jour. Une erreur de quelques millimètres se traduira par une pièce qui ne tombe pas juste.
Pour cela, la règle, l'équerre, les réglets et un compas professionnel permettent de dessiner au plus juste le gabarit, le tout au crayon.
Selon la forme et la technique, le gabarit se trace sur papier kraft à partir des mesures et quelques calculs ou se prend directement sur la carcasse.
Découper
La coupe demande des outils bien affûtés et adaptés à chaque matière : les ciseaux pour le tissu, le cutter pour le polyphane. À cela s'ajoutent des ciseaux courbes, bien pratiques pour couper un excédent de polyphane ou de tissu au plus près sans risquer d'entailler le reste.
Le montage en polyphane : coller et lisser
Pour un abat-jour rigide, le patron est d'abord reporté sur le polyphane. Le tissu est ensuite collé dessus et tout l'enjeu est de le lisser parfaitement, sans un pli ni une bulle d'air entre les deux. C'est le rôle du plioir en os qui chasse l'ait et lisse la matière proprement. Les houseaux servent à marquer les plis sur le polyphane
Le montage cousu main : gainer et coudre
Pour un abat-jour cousu main, on part directement de la carcasse. La première étape est le gainage : un ruban en coton est enroulé autour des branches pour habiller la structure et donner de quoi coudre.
Vient ensuite la jupe, montée de deux façons selon la forme. Soit elle est d'abord cousue à la machine, puis enfilée sur la carcasse, tendue et cousue à la main. Soit elle est montée pan par pan, cousue à la main directement sur la carcasse, parfaitement tendue et sans un pli.
les épingles maintiennent le tissu en place, l'aiguille et le fil l'assemblent : la couture main demande de la patience et une main sûre.
Les finitions
Une fois la jupe en place, quelle que soit la technique, viennent les finitions : soutache, galon, franges. Elles masquent les bords et les coutures et donnent à la pièce son caractère.
Des outils au service de la main
Ce petit tour d'atelier le montre : les outils de l'abat-jouriste sont nombreux mais simples, empruntés à la couture, au dessin technique et au bricolage.
Ce ne sont jamais eux qui font la qualité d'une pièce. Ils la rendent possible. Le reste, la justesse du geste, la patience, l’œil, appartient à la main qui les tient.